Retour Séminaire du GECT le 17 octobre 2025
Le 17 octobre, les membres et techniciens de notre GECT ont organisé un séminaire au Café des Orgues à Herzeele.
Dans le cadre unique de la salle exceptionnelle du Café des Orgues, où trois grands orgues Mortier constituent le décor, il n'y avait pas de frontières le 17 octobre 2025. Inspiration, connexion et création étaient les mots clés pour les experts et élus franco-belges présents, qui se sont réunis pour discuter d'un certain nombre de thèmes importants pour le GECT. Après un mot de bienvenue du coprésident Peter Roose et de Christine Gilloots, vice-présidente de la Communauté urbaine de Dunkerque, concernant la politique transfrontalière, Nathalie Legros, directrice du GECT, a présenté le programme de la journée.
Les membres du groupe Connect, les collaborateurs techniques des différentes structures membres du GECT, ont joué un rôle actif. Dieter Hoet, DVV Westhoek, et Bruno Cooren, CUD, ont pris en charge l'introduction en plénière et, avec sept autres collègues experts, ont également animé les tables thématiques. Vous trouverez ci-dessous un bref compte rendu en quelques points de ce qui a suivi.
Introduction pléniaire
Dieter Hoet DVV Westhoek : historique
· Plateforme de concertation créée en 2005, transformée en GECT–EGTS en 2009.
· Carte du GECT–EGTS : un territoire périphérique de part et d’autre de la frontière, illustrant une phrase entendue à Dunkerque lors du séminaire organisé pour le Westhoek — une phrase que l’on n’entend nulle part ailleurs : « Ici, vous êtes chez vous. »
· Mise en avant du rôle de facilitateur que joue le GECT–EGTS dans le développement de projets et d’activités.
Bruno Cooren : Relations internationales Communauté urbaine de Dunkerque
Territoire
· Paysage : une frontière bien visible, mais un paysage qui demeure identique de part et d’autre.
· Histoire : de la Ligue hanséatique et de l’ancienne Flandre à la création de l’Union européenne, qui permet la libre circulation. Dès lors, doit-on considérer la frontière comme une simple ligne ? Peut-on véritablement se percevoir comme voisins ?
· Administration : deux systèmes administratifs distincts — une France plutôt centralisée et descendante, face à une Belgique davantage axée sur la collaboration et la recherche de compromis.
· Habitants : selon le prisme adopté et l’échelle à laquelle on observe la région du GECT–EGTS, celle-ci peut apparaître petite, grande ou même comme la troisième zone économique mondiale, si l’on considère la concentration de PIB par habitant.
UE/Europe
· Défis majeurs pour l’Union européenne : changement climatique, remise en question de la stabilité géopolitique, nécessité pour les territoires de renforcer leur flexibilité… D’où l’importance d’un principe bien connu : « Mieux vaut un bon voisin qu’un ami lointain. »
· Thématiques européennes actuelles : résilience, réduction des émissions de CO₂, économie circulaire… (mention notamment du programme Interreg North-West Europe, en particulier du projet Interreg RODEO, qui illustre de manière concrète le travail transfrontalier autour de ces enjeux)
· Potentiel européen : une marge estimée à 4 % pour améliorer la compétitivité globale du continent.
Où se situe notre complémentarité, la capacité de mutualisation?
· Champs d’action prioritaires : travailler sur le développement et la compétitivité, le tourisme, la coopération portuaire, l’aéroport, le paysage, l’environnement, les services de soins, l’énergie, les relations avec le Royaume-Uni, la jeunesse, les transports et la gestion de l’eau — dans un contexte où, selon le pire scénario, le niveau de la mer pourrait s’élever de +3 mètres d’ici 2100.
· Défis de notre territoire pour 2025/2100 : intensifier les échanges la participation, les paysages, le fêtes, le “Take Care” prendre soin, le partage intergénérationnel, la culture…
Chaque participant, réparti au préalable en petits groupes, a été invité à rejoindre différentes tables thématiques, où un animateur et un rapporteur étaient présents pour les accueillir. Ils ont apporté leur contribution à chacun des thèmes au cours de séquences successives de 20 minutes
1. Mobilité et Transport
La mobilité n’est pas un sujet nouveau pour la zone frontalière, et les possibilités demeurent aussi nombreuses que les défis. Parmi ceux-ci figure l’expérimentation menée avec la création d’une ligne de bus entièrement financée par la Belgique entre Poperinge et Hazebrouck. Faute de moyens côté français pour assurer sa pérennisation, cette initiative, lancée en 2023, a dû être interrompue. La question de la coordination entre DK’Bus et le train a également été soulevée, une meilleure articulation pouvant favoriser l’usage de cette liaison.
Par ailleurs, l’accent a été mis sur la nécessité de diversifier les modes de transport. Ont été évoqués : la création d’un nouveau parking de covoiturage à Ghyvelde, ainsi que les enjeux de mobilité dans l’agglomération de Dunkerque, où l’on encourage activement des alternatives à la voiture individuelle, en particulier face aux 20 000 emplois créés dans la zone portuaire.
Concernant les déplacements à vélo, un projet est en cours pour relier les points-nœuds cyclables de part et d’autre de la frontière, notamment entre Hondschoote et Leisele, ainsi qu’entre Abele et Boeschepe. Pour les trajets domicile–travail, le projet Cycloconnect a été lancé, et il pourrait être pertinent de le présenter lors d’une prochaine assemblée.
De nombreux défis restent donc à relever dans ce domaine, qui nécessite d’importants investissements. Le groupe de travail « transport/mobilité » du GECT pourra, sans aucun doute, accompagner ces évolutions.
2. Éducation, jeunesse, langues et interculturalité
L’accent a été mis sur le désir de favoriser les rencontres entre jeunes et de mieux faire connaître l’offre culturelle disponible de part et d’autre de la frontière. Il a été souligné qu’il est parfois utile de revenir sur la signification des symboles ou sur l’histoire de la région, car ces éléments ne sont pas toujours perçus de la même manière selon le côté de la frontière où l’on se trouve. Les divergences de points de vue concernant les langues régionales — le franco-flamand et le West-Vlaams (flamand occidental) — en sont un bon exemple.
Pour autant, un consensus se dégage : il est essentiel de renforcer l’enseignement du français et du néerlandais dans les écoles. L’insuffisante maîtrise de la langue du voisin demeure en effet un frein majeur aux rencontres et aux échanges dans un territoire pourtant si proche. Une piste évoquée serait d’apprendre la langue à travers la découverte de la culture, afin de susciter plus d’envie et d’adhésion.
Cela renvoie au rôle du GECT, qui, selon les discussions autour de cette table, consiste à encourager le dialogue, à mettre les écoles en réseau — notamment en valorisant davantage les plateformes existantes — et à soutenir la formation des enseignants. En diffusant plus largement l’offre culturelle et en renforçant les contacts entre bibliothèques, centres culturels et musées, pourrait-on même envisager la création d’un « pass musées » ou d’un « pass culturel » valable au-delà de la frontière ?
3. Économie
De nombreuses discussions ont porté sur les profonds changements à l’œuvre dans l’industrie du port de Dunkerque. L’accent a toutefois été mis sur la complémentarité entre l’industrie lourde et les filières stratégiques de Dunkerque d’une part, et les PME de Flandre occidentale d’autre part. L’enjeu est donc d’articuler efficacement ces deux niveaux économiques, qui se renforcent mutuellement, afin de trouver un équilibre pertinent pour l’ensemble de la région frontalière.
Alors qu’autrefois, de nombreux travailleurs français se rendaient en Belgique, la tendance pourrait désormais s’inverser. L’industrie dunkerquoise pourrait également constituer un levier pour inciter les jeunes diplômés hautement qualifiés à revenir travailler sur leur territoire après leurs études. Dans ce contexte, le VDAB et France Travail ont un rôle essentiel à jouer pour accompagner les habitants vers le bon emploi, au bon endroit. Il a d’ailleurs été suggéré de les inviter lors d’une prochaine assemblée afin qu’ils présentent leurs actions conjointes.
Le rôle du GECT et de ses partenaires peut consister à informer sur les évolutions économiques, à soutenir ces dynamiques par des études, notamment celles de la MOT sur le foncier, ou encore à valoriser les outils de l’AGUR, tels que les « toiles ». Une question a également été soulevée : le GECT doit-il prendre l’initiative de mobiliser l’expertise de France Services au bénéfice des habitants de la région frontalière, possiblement sous la forme d’un service mobile ? Celui-ci pourrait informer les personnes souhaitant travailler dans le pays voisin sur leur statut, leurs droits et leurs obligations.
D’autres secteurs économiques ont été évoqués, notamment l’agriculture, la région étant avant tout rurale. Une pénurie de main-d’œuvre dans la filière du lin est redoutée, en raison de la croissance de l’industrie. La mise en place d’une filière courte transfrontalière pourrait constituer une réponse. L’importance du secteur alimentaire, portée par la forte croissance démographique à Dunkerque, a également été relevée. Le GECT pourrait continuer à jouer un rôle pour mettre en lumière les différences d’approche entre agriculteurs de part et d’autre de la frontière et, si nécessaire, contribuer à lever les obstacles.
Enfin, le tourisme demeure un pilier majeur du territoire, des côtes jusqu’aux monts. Ainsi, La Panne accueille régulièrement des étudiants ou du personnel saisonnier français dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés. Une autre approche, prometteuse, consiste à envisager la région frontalière comme une destination touristique unifiée, à part entière.
4. Santé :
L’offre de soins n’est pas facilement accessible de part et d’autre de la frontière : la population vieillit, et les médecins généralistes également. De nombreux Français n’ont plus de médecin traitant attitré, et la pénurie de spécialistes y est préoccupante. En Flandre, les médecins généralistes se concentrent davantage autour des villes et les délais pour obtenir un rendez-vous chez les spécialistes sont longs, mais il n’y a pas de véritable pénurie. La profession de médecin généraliste évolue également vers des cabinets de groupe avec des horaires plus standardisés.
Afin d’encourager les étudiants à rester sur leur territoire d’origine pour y poursuivre leurs études et à s’y installer plus tard comme professionnels de santé, plusieurs mesures ont été mises en place côté français (territoire CUD) : ouverture d’une première année de médecine à l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) à Dunkerque, bourses dédiées, solutions de logement étudiant, etc.
En contexte transfrontalier, les patients qui se font soigner à l’étranger se voient parfois prescrire des médicaments indisponibles dans leur propre pays. Il est donc nécessaire de mieux communiquer sur les ZOAST et sur les modalités de remboursement des soins reçus à l’étranger.
D’autres défis concernent la prévention de l’isolement des personnes âgées. Des solutions existent, notamment en proposant des activités dans les écoles, salles de sport, bibliothèques, ou encore en développant des projets de logements adaptés. L’approche intergénérationnelle est d’ailleurs de plus en plus courante. La proximité de la frontière constitue même un atout pour les seniors, qui peuvent élargir facilement leur champ d’activités.
De nombreuses bonnes pratiques ont été partagées : cours de langue dans la salle d’attente de l’hôpital Jan Yperman ; contrats locaux de santé interdisciplinaires en France ; reconnaissance des diplômes belges de kinésithérapie facilitant l’installation en France (profession réglementée, mais libre circulation dans l’ensemble des 27 États membres de l’UE) ; projet de logement intergénérationnel à Bourbourg, etc.
Pistes de travail pour le GECT : recenser les médecins généralistes et spécialistes ; élaborer un guide pratique pour les patients frontaliers recensant les spécialisations disponibles dans les hôpitaux de la zone frontalière et expliquant le fonctionnement de la ZOAST ; renforcer enfin les actions de prévention de manière coordonnée des deux côtés de la frontière.
Conclusion ? Il est absolument nécessaire, fédérateur et inspirant de se rencontrer dans un lieu unique de la région frontalière, dans une ambiance informelle et créative.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
